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Dimanche 13 février 2011 7 13 /02 /Fév /2011 03:56

labyrinthbox.jpgLabyrinth : the War on Terror, 2001 - ? est un card driven de stratégie simulant le conflit opposant les Etats-Unis aux Djihadistes depuis 2001 jusqu'à nos jours. Il est nécessaire de souligner, comme le fait l'auteur Volko Ruhnke au début des règles, que le terme Djihadiste fait référence aux intégristes islamistes et à eux seuls. Le jeu peu se jouer à deux ou en solo, le joueur Djihadiste étant simulé par un arbre de décisions. La durée de la partie dépend du nombre de decks joués (de 1 à 3) et est comprise dans un large spectre allant de 90 à 240 minutes. L'auteur a déjà conçu le wargame, très remarqué, Wilderness War, et est en train de réaliser un autre card driven, Andean Abyss, sur la lutte pour le contrôle de la Colombie dans les années 1990.

 

Titre : Labyrinth : the War on Terror, 2001-?
Année : 2010
Auteur : Volko Ruhnke
Editeur : GMT
Nombre de joueurs : 1 à 2
Age minimum : 12 ans
Public : gros joueurs
Langue : anglais
Durée d'une partie : 90 à 240 min
Type : stratégie

 

 

 

 

 

Note : 84 %

Immersion 4/5

Si vous aimez les conflits non pas historiques mais d'actualités vous serez servi. Et comme dans la grande majorité des cas chez GMT, le thème et les règles sont parfaitement imbriqués, exception faites des considérations forcément subjectives inhérentes à un conflit que l'Histoire n'a pas encore jugé. Le principe du card driven permet de jouer avec des événements s'étant réellement déroulés mais dans un ordre et avec une stratégie différente. Refaisons l'actualité ! est le maître mot d'un jeu qui vous plonge dans le principal conflit du XXIème siècle.

 

 

Originalité 4,5/5

C'est un pari osé, et qui a déjà causé des discussions animées sur les forums de BGG et Tric Trac, que de livrer un jeu sur un conflit actuel et non achevé. Le titre résume d'ailleurs cet état : 2001- ?. Mais j'ai toujours aimé l'audace aussi fais-je partie du camp de ceux qui salue l'ambition de l'auteur d'offrir un jeu stratégique et politique sur l'actualité. Il est rare de jouer le soir sur un sujet traité à midi au journal télévisé mais c'est d'autant plus amusant de jouer la carte Chirac-Schroeder, Benazir Butto, Tony Blair ou Zarqawi. S'agissant des mécanismes, on remarquera l'idée toute simple mais inédite dans un card driven : chaque joueur joue deux cartes à la suite. Cela augmente encore la stratégie et permet la recherche de combos.

labyrinthboard.jpg 

Jouabilité 4,5/5

A l'instar de Twilight Struggle, Labyrinth propose un card driven (on joue une main de cartes, soit pour la valeur de ces dernières en opérations spécifiques, soit pour l'évènement associé) où l'on est obligé de jouer l'évènement associé s'il est en faveur de son adversaire. Toutefois, chaque joueur dispose d'une sorte de joker. Le jouer US peut choisir de garder ou défausser une carte à la fin du tour de jeu. Quant au Djihadiste, la première carte du tour utilisée pour un complot ne provoque pas le déclenchement de l'évènement défavorable. On notera surtout la dissymétrie entre les deux camps. Par exemple, le joueur US joue un certain nombre de cartes (9,8 ou 7) en fonction du nombre de troupes déjà déployées sur les terrains d'opérations. La main du joueur Djihadiste (aussi 9,8 ou 7) est elle fonction des fonds récoltés. De la même manière les différentes opérations possibles sont toutes différentes entre les deux joueurs, de même que la manière de gagner : 3 victoires sont possibles, domination militaire, économique ou politique, pour chaque camp avec des objectifs différents. A noter que les lancers de dés sont plus fréquents que dans Twilight Struggle, la part de hasard n'étant pas globalement plus grande au final.

 

Interaction 4/5

Ici aussi elle est dissymétrique : le Djihadiste peut perdre des troupes si elles sont démantelées par le joueur US ou si elles échouent à certaines missions. A l'inverse, le joueur US ne peut perdre ses troupes déployées. Les joueurs se rendent coup pour coup au niveau politique. Un système ingénieux classe les pays musulmans selon leur gouvernance, qui varie sur quatre niveaux. De plus, chaque pays musulman possède un alignement par rapport aux Etats-Unis (allié, neutre ou adversaire). Les pays non-musulmans possèdent une posture immuable et une posture (à l'égard des Djihadistes) qui peut être dur ou mou. Chaque camp essaie d'influencer les pays à sa cause tout en déployant ses troupes à un niveau plus tactique.

 

Durée de vie 4/5

Avec 120 cartes jouées par main de 7,8 ou 9, vous avez la garantie de rencontrer des parties totalement différentes d'autant plus que les lancers de dés sont nombreux. En outre, quatre scénarios sont possibles et font démarrer le jeu plus ou moins tardivement après 2001. Enfin la longueur de la partie varie aussi puisqu'il est possible de jouer un seul deck de cartes, deux ou trois (sachant que certaines cartes ne reviennent pas dans le deuxième et troisième deck.)

 labyrinth2.jpg

Matériel 4/5

Le moins que l'on puisse dire est que la qualité du matériel de GMT, fort décrié il fût un temps, s'améliore d'année en année. La présente édition de Labyrinth offre dans la boîte de base une carte que l'on trouvait auparavant dans les titres deluxe ou de manière séparée (aux environs de 30 $). La personnalité graphique des marqueurs s'est aussi améliorée, quant aux cartes, elles sont toujours glacées, épaisses et sans présence de bords noirs ou blancs qui tâchent (et fâchent).

 

Règles 4/5

Comme d'habitude chez GMT, elles sont organisées avec numérotation de paragraphes et d'alinéas. Cela donne quelque chose du genre : pour la règle 4.3.3 voir la règle 2.6.1. Les anciens et actuels wargamers ne seront pas dépaysés mais cela risque de paraître aride et trop dense chez les autres. D'autant plus que GMT ne fait pas dans l'accessoire et le tirage à la ligne. Chaque phrase comporte une information importante pour le jeu et aucune ne saurait être ignorée. La boîte contient aussi deux aides de jeu très bien faites et un playbook de 24 pages dont un tutoriel de 9 pages, un exemple de jeu de 4 pages, un guide stratégique de 3 pages et des notes historiques sur les cartes de 8 pages. Un exemple à suivre.

 

Opinion du testeur 5/5 

Grand amateur des card driven politique de Hannibal, à Successors en passant par Here I Stand et Twilight Struggle, je suis heureux de compter un nouveau jeu de valeur dans cette belle collection. Le thème fait toujours partie intégrante des mécanismes et des règles, renforcant l'impression de vivre une histoire. Par rapport à son grand aîné, Twilight Struggle, il se différencie en étant légèrement plus complexe, dissymétrique et avec plus de lancer de dés.

 

Prochains tests : Twilight Imperium, Trader, Shogun, Power Struggle, L'Année du Dragon, Here I Stand...

Par Kabrateo - Publié dans : Stratégie
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